{"id":2524,"date":"2023-07-01T18:28:02","date_gmt":"2023-07-01T16:28:02","guid":{"rendered":"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?p=2524"},"modified":"2023-07-08T14:58:05","modified_gmt":"2023-07-08T12:58:05","slug":"laccompagnement-en-formation-jf-ferbos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?p=2524","title":{"rendered":"L&rsquo;accompagnement en formation &#8211; JF Ferbos"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Invariants et fluctuations ou les mouvements d&rsquo;un seuil \u00e9lastique<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"2525\" data-permalink=\"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?attachment_id=2525\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ACCOMPAGNEMENT.jpg?fit=2375%2C1084&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"2375,1084\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"ACCOMPAGNEMENT\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ACCOMPAGNEMENT.jpg?fit=640%2C292&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ACCOMPAGNEMENT.jpg?resize=417%2C190&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-2525\" width=\"417\" height=\"190\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ACCOMPAGNEMENT.jpg?resize=1024%2C467&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ACCOMPAGNEMENT.jpg?resize=300%2C137&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ACCOMPAGNEMENT.jpg?resize=768%2C351&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ACCOMPAGNEMENT.jpg?resize=1536%2C701&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ACCOMPAGNEMENT.jpg?resize=2048%2C935&amp;ssl=1 2048w, https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ACCOMPAGNEMENT.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ACCOMPAGNEMENT.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 417px) 100vw, 417px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab\u00a0Le sujet est structur\u00e9 en tant que sujet parlant. C\u2019est en parlant qu\u2019il acc\u00e8de \u00e0 ce qu\u2019il savait et qu\u2019il ne savait pas qu\u2019il savait. Et encore, c\u2019est en parlant qu\u2019il a acc\u00e8s \u00e0 ce qu\u2019il ne savait pas mais qu\u2019il croyait qu\u2019il savait.<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Coutinho Jorge, M. (2015). T\u00e9moignages de l&rsquo;inconscient. Insistance, 9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"> <\/p>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ACCOMPAGNEMENT-EN-FORMATION.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 L&apos;accompagnement en formation.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-d6bf9537-752f-482f-be07-adf6bae5c467\" href=\"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ACCOMPAGNEMENT-EN-FORMATION.pdf\">L&rsquo;accompagnement en formation<\/a><a href=\"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/ACCOMPAGNEMENT-EN-FORMATION.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-d6bf9537-752f-482f-be07-adf6bae5c467\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">La notion d\u2019accompagnement est une notion omnipr\u00e9sente dans notre paysage professionnel, dont on trouve une utilisation quasi syst\u00e9matique dans les divers secteurs de l\u2019\u00c9ducation nationale. Elle est pr\u00e9sente en p\u00e9dagogie, en \u00e9ducation, en termes de direction d\u2019\u00e9quipe et d\u2019\u00e9tablissement, en formation, etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais cet usage quasi unanime emporte-t-il seulement une repr\u00e9sentation et une compr\u00e9hension uniques&nbsp;? Recouvre-t-il un corpus commun de savoirs et de comp\u00e9tences&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est difficile de r\u00e9pondre \u00e0 cette question sauf \u00e0 mener une enqu\u00eate aupr\u00e8s de l\u2019ensemble des personnels de l\u2019institution. Mais j\u2019imagine sans trop d\u2019efforts qu\u2019accompagner ne signifie pas exactement la m\u00eame chose pour tout le monde et que cette d\u00e9marche ne recouvre pas exactement les m\u00eames postures et les m\u00eames gestes professionnels selon les personnes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019un des objectifs de ce texte est de d\u00e9finir ce que signifie accompagner une personne (un sujet), un groupe et ce que cet acte recouvre en termes professionnels, tant du c\u00f4t\u00e9 des postures de l\u2019accompagnant que de ses gestes professionnels. Pour y parvenir, je tenterai, avec l\u2019aide de certains auteurs, notamment Mireille Cifali dont les travaux correspondent parfaitement \u00e0 ma sensibilit\u00e9, de r\u00e9pertorier et d\u2019\u00e9tablir les invariants et incontournables de l\u2019accompagnement afin de les diff\u00e9rencier des \u00e9l\u00e9ments pouvant fluctuer en fonction de la singularit\u00e9 des situations d\u2019accompagnement. Par ailleurs, si j\u2019aborde cette notion de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9raliste, il n\u2019en reste pas moins que je la destine aux gestes professionnels de formateurs, notamment dans le cadre de l\u2019animation de groupes d\u2019analyse des pratiques professionnelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est un point important pour moi et sur lequel je souhaite insister&nbsp;; l\u2019accompagnement est, quoi qu\u2019il en soit, un type de relation professionnelle, et la place qu\u2019y occupe l\u2019autre est essentielle. L\u2019accompagnement interroge en effet l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, la place et l\u2019importance que l\u2019on accorde \u00e0 l\u2019autre et la nature du lien engag\u00e9 avec lui, en milieu professionnel. C\u2019est un type de relation professionnelle, comme l\u2019on peut parler de relation hi\u00e9rarchique, de relation asym\u00e9trique, de relation p\u00e9dagogique, de relation \u00e9ducative, de relation andragogique, de relation entre coll\u00e8gues, etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si l\u2019on voulait les cat\u00e9goriser en leur attribuant une g\u00e9om\u00e9trie, on pourrait dire que les unes sont verticales, les autres horizontales et que certaines sont tant\u00f4t l\u2019un, tant\u00f4t l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019autre est donc au centre des pr\u00e9occupations et la nature du lien qu\u2019entretient l\u2019accompagnant avec lui appelle la mobilisation de postures professionnelles, de comp\u00e9tences relationnelles ainsi qu\u2019une grande sagacit\u00e9 intellectuelle, car l\u2019accompagnement se joue \u00ab&nbsp;\u00e0 m\u00eame le vivant&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, parfois dans l\u2019instant, entre corps en pr\u00e9sence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans un sens courant, <em>accompagner<\/em> signifie d\u2019abord \u00eatre pr\u00e9sent avec l\u2019autre. Il n\u2019est pas rare de voir un parent accompagner son enfant \u00e0 l\u2019\u00e9cole, un proche accompagner un ami \u00e0 un rendez-vous important. Vous remarquerez que si l\u2019on dit \u00ab&nbsp;nous allons ensemble au th\u00e9\u00e2tre&nbsp;\u00bb, cela ne signifie pas exactement la m\u00eame chose que de dire \u00ab&nbsp;je t\u2019accompagne au th\u00e9\u00e2tre&nbsp;\u00bb. Dans la premi\u00e8re situation, il existe un projet commun autour duquel l\u2019engagement et la place de chacun sont \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9gaux. Dans la deuxi\u00e8me situation, le projet principal est d\u2019abord celui de l\u2019accompagn\u00e9 tandis que l\u2019accompagnant vient de surcro\u00eet, en appui au projet de l\u2019accompagn\u00e9 pour \u00e9ventuellement lui permettre de le r\u00e9aliser. \u00ab&nbsp;Je t\u2019accompagne&nbsp;\u00bb signifie que je m\u2019engage aupr\u00e8s de toi, mais qu\u2019une partie de moi reste en p\u00e9riph\u00e9rie et que tu restes celui qui d\u00e9cide.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, <em>accompagner <\/em>poss\u00e8de une valeur positive, valorisante et marqu\u00e9e par le souci et l\u2019attention port\u00e9s \u00e0 l\u2019autre. La relation entretenue avec l\u2019autre compte donc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce soin accord\u00e9 \u00e0 l\u2019autre trouve sa raison d\u2019\u00eatre la plus \u00e9vidente dans la sph\u00e8re m\u00e9dicale. En effet, dans le domaine du soin, avec le clinicien, qu\u2019il soit psychiatre ou m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, on parle d\u2019accompagnement th\u00e9rapeutique. Ici, ce type d\u2019accompagnement ne sera pas l\u2019objet de notre r\u00e9flexion, m\u00eame si son importance nous semble \u00e9vidente. Notre objet sera l\u2019accompagnement en formation ou dans le cadre de relations p\u00e9dagogiques, \u00e9ducatives ou andragogiques. Il n\u2019est d\u2019ailleurs pas exclu que ce type d\u2019accompagnement ait, lui aussi, des effets th\u00e9rapeutiques, en sus. Ces effets th\u00e9rapeutiques, sauf \u00e0 \u00eatre constat\u00e9s, le cas \u00e9ch\u00e9ant, ne constituent pas l\u2019objet principal de notre accompagnement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Claude Revault D\u2019Allonnes<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, au sujet du transfert dans une relation d\u2019accompagnement, d\u00e9finit quatre niveaux d\u2019engagement afin de d\u00e9finir celui de la d\u00e9marche clinique, essentielle dans le champ des m\u00e9tiers de la relation, dont la formation. Le premier niveau concerne un accompagnant qui a d\u00e9cid\u00e9 de nier et de ne pas tenir compte des effets transf\u00e9rentiels. Le second consiste \u00e0 simplement \u00eatre dans le transfert et \u00e0 s\u2019en arranger. Le risque de ces deux postures est celui de l\u2019incompr\u00e9hension, du surgissement d\u2019\u00e9l\u00e9ments hors sens et de l\u2019\u00e9chec d\u2019un accompagnement. Le troisi\u00e8me niveau refl\u00e8te un choix de travailler <strong>avec<\/strong> le transfert, posture du clinicien et le quatri\u00e8me consiste en un travail <strong>sur<\/strong> le transfert et correspond \u00e0 la position d\u2019un praticien dans la cure. Ces \u00e9l\u00e9ments de comparaison me semblent tr\u00e8s utiles pour d\u00e9finir la place d\u2019un formateur dans une relation d\u2019accompagnement et la nature de son engagement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour autant, que ce soit dans le domaine m\u00e9dical ou celui de la formation, la notion d\u2019accompagnement interroge la nature de la relation entretenue par l\u2019accompagnant avec l\u2019autre, que ce soit comme guide ou comme soutien. On en rep\u00e8re imm\u00e9diatement la dimension asym\u00e9trique et la nature des actes qu\u2019elle engendre, entre pouvoir et d\u00e9pendance, du prescriptif impos\u00e9 \u00e0 l\u2019autorisation accord\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette amplitude dessine les contours d\u2019un seuil au sein duquel l\u2019exigence \u00e9thique doit trouver sa place. C\u2019est en ce point pr\u00e9cis qu\u2019op\u00e8re la dimension clinique des m\u00e9tiers de la relation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quels pourraient donc \u00eatre les invariants fondamentaux de l\u2019accompagnement (1) en formation et les variations et ajustements possibles en situation&nbsp;(2) ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1\/ Les invariants et fondamentaux de l\u2019accompagnement professionnel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>La dimension clinique&nbsp;: cf texte \u00ab&nbsp;La dimension clinique de l\u2019accompagnement en formation&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">Pour rappel&nbsp;: La d\u00e9marche clinique, qui donne une dimension clinique \u00e0 la relation d\u2019accompagnement, est, litt\u00e9ralement, le fait de prendre soin de cette relation en d\u00e9veloppant une posture \u00e9thique permettant \u00e0 l\u2019autre de produire une analyse et une compr\u00e9hension (subjective) de la situation probl\u00e9matique dans laquelle il se trouve. Elle favorise aussi une mise en perspective afin d\u2019envisager des possibles pour l\u2019accompagn\u00e9 et de prendre des d\u00e9cisions. Elle met en place un cheminement introspectif vers une connaissance de soi en milieu professionnel et une bascule subjective produisant une appr\u00e9hension du monde modifi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette d\u00e9marche clinique de l\u2019accompagnement en milieu professionnel constitue un point central de la notion d\u2019accompagnement car elle induit une \u00e9thique de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, laquelle oriente les gestes et les postures professionnelles de l\u2019accompagnant. En effet, le caract\u00e8re asym\u00e9trique de la relation d\u2019accompagnement, le pouvoir qui est donn\u00e9 \u00e0 l\u2019accompagnant vis-\u00e0-vis de la situation de d\u00e9pendance de l\u2019accompagn\u00e9, r\u00e9clament une exigence \u00e9thique afin d\u2019en limiter les risques et les abus. C\u2019est en raison de la dimension humaine, singuli\u00e8re et fragile qui caract\u00e9rise l\u2019autre et de sa situation, que l\u2019\u00e9thique organise et oriente la relation d\u2019accompagnement. Quelles comp\u00e9tences relationnelles l\u2019accompagnant doit-il mobiliser au moment pr\u00e9cis o\u00f9 son geste professionnel est requis par le contexte d\u2019accompagnement&nbsp;? Quelle intelligence de l\u2019instant, d\u00e9cision performative, doit-il d\u00e9ployer&nbsp;? Quand doit-il s\u2019exposer au risque d\u2019agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019accompagn\u00e9&nbsp;? Ce sont des questions importantes qui pr\u00e9sident \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de chacun, qui questionnent aussi la complexit\u00e9 des situations rencontr\u00e9es et qui visent un changement, une mutation<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a> subjective<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a>, autrement dit, comme indiqu\u00e9 ci-dessus, qui cherchent une bascule subjective produisant une appr\u00e9hension du monde modifi\u00e9e. Cette appr\u00e9hension modifi\u00e9e est le fruit de la construction \u00e0 deux, accompagnant et accompagn\u00e9, d\u2019un sens nouveau donn\u00e9 au rapport au monde (professionnel) de ce dernier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mireille Cifali parle <strong>\u00ab&nbsp;d\u2019espace clinique&nbsp;\u00bb<\/strong>&nbsp;: \u00ab&nbsp;En r\u00e9sum\u00e9, lorsqu\u2019on se confronte \u00e0 des situations sociales soumises au temps, o\u00f9 s\u2019enchev\u00eatre le soci\u00e9tal, l\u2019institutionnel et le personnel, o\u00f9 le but premier n\u2019est pas de construire des connaissances g\u00e9n\u00e9ralisables et o\u00f9 l\u2019enjeu est de permettre que l\u2019autre gu\u00e9risse, acc\u00e8de au savoir, grandisse ou d\u00e9passe une difficult\u00e9 handicapante, on serait dans un espace que l\u2019on pourrait qualifier de \u00ab&nbsp;clinique&nbsp;\u00bb. Nous sommes bien dans une prise en compte de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, une mani\u00e8re particuli\u00e8re de construire des connaissances \u00e0 m\u00eame le vivant, avec la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une intelligence particuli\u00e8re&nbsp;: intelligence des situations, \u00ab&nbsp;sagesse pratique&nbsp;\u00bb, intelligence dans l\u2019action.&nbsp;\u00bb. CIFALI, Mireille, Une alt\u00e9rit\u00e9 en acte, in Chappaz G. (dir.),&nbsp;<em>Accompagnement et formation<\/em>, Universit\u00e9 de Provence et CDRP de Marseille, Marseille, 1999, pp.121-160.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mireille Cifali ajoute plus loin dans son texte qu\u2019un clinicien dispose de qualit\u00e9s propres \u00e0 une intelligence de l\u2019instant, avec son flair, sa sagacit\u00e9 mais \u00e9galement avec une pr\u00e9sence authentique et attentive \u00e0 l\u2019autre quelle que soit l\u2019usure de la r\u00e9p\u00e9tition des situations rencontr\u00e9es. Il n\u2019existe donc pas, dans l\u2019absolu, de bon clinicien, ni de garantie de le rester, car sa posture est r\u00e9gie par son appr\u00e9hension de l\u2019instant, unique et dans une certaine mesure intransmissible et in\u00e9narrable. L\u2019approche clinique, pour un formateur, exige donc une r\u00e9flexion et une analyse \u00e0 chaque fois et \u00e0 chaque instant car rien ne peut faire recette.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>La qualit\u00e9 d\u2019une pr\u00e9sence<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">Celui qui accompagne, par exemple un animateur de GAPP ou, pour reprendre une expression trouv\u00e9e dans un ouvrage de Claudine Blanchard-Laville, \u00ab&nbsp;un moniteur&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a>, est pr\u00e9sent physiquement, avec son corps et celui de l\u2019autre qui portent leur voix, croisent leurs regards, etc. Mais cette pr\u00e9sence n\u2019est pas seulement physique, elle est \u00e9galement psychique. Il s\u2019engage dans la situation \u00e9voqu\u00e9e qui parfois le trouble, l\u2019accapare. Son \u00e9coute est active et attentive. Il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 ce qu\u2019am\u00e8ne l\u2019autre et ne n\u00e9glige rien, comme si chaque situation, malgr\u00e9 le sentiment r\u00e9p\u00e9tition et de ressemblance avec d\u2019autres, \u00e9tait la seule.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;\u2026 Comme Freud l\u2019a recommand\u00e9, les analystes doivent aborder chaque nouveau cas comme s\u2019il \u00e9tait le premier, en oubliant tout savoir pr\u00e9alable.&nbsp;\u00bb, Coutinho Jorge, M. (2015). T\u00e9moignages de l&rsquo;inconscient. Insistance, 9, 151-162. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/insi.009.0151\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/insi.009.0151<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 est essentiel, quelles que soient les diff\u00e9rences de l\u2019autre et ce qui, de lui, semble \u00eatre des anomalies ou des bizarreries en dehors des rep\u00e8res habituels. L\u2019animateur doit avoir conscience que chaque situation est porteuse d\u2019un enseignement et d\u2019une exp\u00e9rience. Certains aspects \u00e9nigmatiques convoquent l\u2019animateur qui doit chercher \u00e0 comprendre ce qui se joue, l\u00e0, dans l\u2019instant pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Identifier une demande<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">Au c\u0153ur d\u2019une relation d\u2019accompagnement se trouve une demande adress\u00e9e \u00e0 l\u2019accompagnant, soit de mani\u00e8re explicite, soit de mani\u00e8re tout \u00e0 fait \u00e9nigmatique, d\u00e9tourn\u00e9e et non formul\u00e9e. Cette demande est singuli\u00e8re et l\u2019animateur doit apprendre \u00e0 faire avec, car cette demande peut renvoyer \u00e0 sa propre impuissance \u00e0 pouvoir aider, \u00e0 y r\u00e9pondre. Une demande peut avoir un c\u00f4t\u00e9 infini, in\u00e9puisable et insatiable. De l\u00e0 s\u2019impose la n\u00e9cessit\u00e9 de poser le curseur d\u2019une bonne distance vis-\u00e0-vis de l\u2019autre sans compromettre l\u2019engagement dans une relation d\u2019accompagnement. Cette bonne distance d\u00e9finit un seuil qui est un espace pr\u00e9sentant une certaine \u00e9lasticit\u00e9, un espace d\u2019ajustement au sein duquel l\u2019accompagnant \u00e9tablit, de mani\u00e8re \u00e9thique, sa marge de man\u0153uvre pour ne pas compromettre la possibilit\u00e9 de trouver du sens et des propositions coconstruites avec l\u2019accompagn\u00e9. Cette \u00e9lasticit\u00e9 est encore plus importante que la topologie d\u00e9finie par le seuil car elle est la condition qui maintient le sujet en mouvement. Ce mouvement est celui de la r\u00e9activit\u00e9, de l\u2019adaptation et de l\u2019ajustement en fonction d\u2019une jauge d\u00e9finie par une capacit\u00e9 d\u2019analyse et de compr\u00e9hension de ce qui se joue \u00e0 chaque instant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce seuil est \u00e9galement le lieu o\u00f9 se posent les bases d\u2019une relation de confiance, c\u2019est-\u00e0-dire qui apporte une certaine s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et un sentiment de s\u00e9curit\u00e9, tant aupr\u00e8s de l\u2019accompagnant que de l\u2019accompagn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La relation d\u2019accompagnement est donc une relation qui se construit dans le temps et sa temporalit\u00e9 doit s\u2019adapter au mieux au temps institutionnel, \u00e0 celui du travail et \u00e0 l\u2019impr\u00e9visibilit\u00e9 du facteur humain. Le principe de r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est jamais tr\u00e8s loin et il se compose des r\u00e9alit\u00e9s institutionnelles et contextuelles du lieu de travail. La confiance en l\u2019autre est un \u00e9l\u00e9ment essentiel pour dissiper l\u2019intranquillit\u00e9 psychique et permettre \u00e0 l\u2019intelligence de se d\u00e9ployer.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Accompagnement et d\u00e9pendance<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">Cette asym\u00e9trique de la relation d\u2019accompagnement, au sein de laquelle l\u2019un d\u00e9pend de l\u2019autre pour surmonter ses difficult\u00e9s et ses impossibilit\u00e9s \u00e9tablies, reste \u00e0 comprendre les tenants et aboutissants de cette situation de d\u00e9pendance. En effet, la nature de cette d\u00e9pendance doit \u00eatre structur\u00e9e par un cadre \u00e9thique qui garantit que l\u2019accompagnant n\u2019abusera pas du pouvoir, m\u00eame imaginaire, dont il dispose vis-\u00e0-vis de l\u2019accompagn\u00e9 qui d\u00e9pend, de fait, de son soutien. Autrement dit, la faiblesse de l\u2019un ne doit pas servir les desseins personnels et narcissiques de l\u2019autre. L\u2019accompagnant se doit donc d\u2019\u00eatre fiable, de mani\u00e8re authentique et l\u2019accompagn\u00e9 doit pouvoir compter sur lui. C\u2019est une responsabilit\u00e9 car la parole pos\u00e9e par l\u2019accompagnant vis-\u00e0-vis de la situation amen\u00e9e, si elle ne concerne pas le d\u00e9roul\u00e9 ou le fonctionnement de la session d\u2019APP, est une interpr\u00e9tation, c\u2019est-\u00e0-dire un acte ayant des effets. La parole adress\u00e9e \u00e0 l\u2019accompagn\u00e9 est alors un engagement. Elle ne se pose donc pas \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re et son auteur doit chercher \u00e0 s\u2019y tenir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;La fiabilit\u00e9 fait partie du sens clinique&nbsp;: \u00eatre un homme de parole ou une femme de parole.&nbsp;\u00bb Cifali M., ibidem.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il ne nous a pas \u00e9chapp\u00e9 que cette relation de d\u00e9pendance repose d\u2019abord sur l\u2019acceptation de ses fragilit\u00e9s par l\u2019accompagn\u00e9, qui a le \u00ab&nbsp;courage de sa propre b\u00eatise&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a> et de ses impossibilit\u00e9s. Il reconna\u00eet par l\u00e0 son besoin de l\u2019autre. Cela ne signifie pas pour autant qu\u2019il doive rester sous l\u2019influence de l\u2019accompagnant car l\u2019objectif commun est d\u2019acqu\u00e9rir une autonomie d\u2019action et un apaisement \u00e9motionnel face \u00e0 la situation qui pose probl\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voil\u00e0 que se rejoue ici, \u00e0 nouveau, la mise en place d\u2019un seuil soutenu par l\u2019\u00e9lasticit\u00e9 d\u2019un jeu de tensions entre d\u00e9pendance et ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Accompagnement et recul n\u00e9cessaire<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">Face \u00e0 une situation rapport\u00e9e par le recours au t\u00e9moignage et \u00e0 l\u2019\u00e9vocation de celui ou celle qui l\u2019a v\u00e9cue, il importe que l\u2019animateur de GAPP, dans cette relation d\u2019accompagnement, ait le souci de prendre du recul afin d\u2019avoir une vue d\u2019ensemble. En effet, chaque situation est plus complexe qu\u2019elle n\u2019en a l\u2019air et se situe dans un contexte de travail particulier (\u00e9quipe, effets de groupe, personnalit\u00e9s, etc.) et un contexte institutionnel plus g\u00e9n\u00e9ral (enjeux politiques). Il ne peut donc n\u00e9gliger de prendre en compte les principes de r\u00e9alit\u00e9 contextuelle et institutionnelle car ils repr\u00e9sentent ce avec quoi il faudra \u00ab&nbsp;faire avec&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par ailleurs et a contrario, l\u2019animateur doit aussi absolument prendre en compte la singularit\u00e9 de la situation. Cette singularit\u00e9 d\u00e9pend de la personne, du moment o\u00f9 se d\u00e9roule la situation rapport\u00e9e, de l\u2019humeur de l\u2019instant, des pr\u00e9occupations de l\u2019instant, de la fatigue de l\u2019instant. Et ce qui est pass\u00e9 est termin\u00e9. <em>Kairos<\/em>, dieu du temps\/moment opportun, dieu de l\u2019instant d\u00e9cisif, nous rappelle que certains instants rat\u00e9s ne peuvent \u00eatre rattrap\u00e9s ni rejou\u00e9s. Il n\u2019y a pas d\u2019autre choix que de l\u2019accepter. Il est donc impossible de retrouver \u00e0 l\u2019identique ce qui a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu sauf \u00e0 en retrouver une version d\u00e9form\u00e9e par les souvenirs dont le fonctionnement repose sur le principe du refoulement et de la mise en place de d\u00e9fenses. En effet, la m\u00e9moire, tel un mille feuilles, est structur\u00e9e en couches s\u00e9diment\u00e9es et agenc\u00e9es en fonction des m\u00e9canismes propres au refoulement et \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de d\u00e9fenses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous voyons, l\u00e0 encore, la mise en place d\u2019un seuil dont la variation des contours d\u00e9pend d\u2019un jeu de tensions entre le principe d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 institutionnelle et la singularit\u00e9 d\u2019une situation qui ne rentre pas forc\u00e9ment dans les cases param\u00e9tr\u00e9es d\u2019un cadre l\u00e9gal et r\u00e8glementaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est donc important de conserver, avec lucidit\u00e9 et humilit\u00e9, une vue de l\u2019ensemble, sans chercher \u00e0 plaquer des connaissances th\u00e9oriques sur la situation amen\u00e9e. Cet aspect de la relation d\u2019accompagnement n\u00e9cessite un certain l\u00e2cher prise et de faire confiance \u00e0 son intuition, \u00e0 son \u00e9coute, en prenant en compte l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>L\u2019importance de l\u2019explicitation et l\u2019implication<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Il s\u2019agit d\u2019expliciter ce qui va de soi pour soi, mais qui ne va jamais de soi pour l\u2019autre. C\u2019est une position par rapport \u00e0 un autre, tenir compte de lui comme quelqu\u2019un de diff\u00e9rent.&nbsp;\u00bb. Cifali, Mireille, Une alt\u00e9rit\u00e9 en acte, in Chappaz G. (dir.),&nbsp;<em>Accompagnement et formation<\/em>, Universit\u00e9 de Provence et CDRP de Marseille, Marseille, 1999, 121-160<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">L\u2019explicitation permet donc un \u00e9claircissement, notamment des enjeux de la relation d\u2019accompagnement. Elle permet aussi de poser avec l\u2019autre le champ des possibles, ainsi que les limites de cette relation de nature professionnelle. L\u2019explicitation incombe donc \u00e0 l\u2019accompagnant mais elle est \u00e9galement sollicit\u00e9e aupr\u00e8s de l\u2019accompagn\u00e9, qu\u2019il faut aider dans cette t\u00e2che (cf les entretiens d\u2019explicitation de Pierre Vermersch).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il arrive aussi que l\u2019autre r\u00e9siste \u00e0 l\u2019accompagnement, voire le rejette alors m\u00eame qu\u2019il en a initialement fait la demande. Et ce n\u2019est pas tant li\u00e9 \u00e0 l\u2019accompagnement en tant que tel, mais plut\u00f4t \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019accompagner voire \u00e0 l\u2019accompagnant, qu\u2019il emp\u00eache finalement d\u2019aboutir dans son travail. Cette aspect-l\u00e0 pointe la n\u00e9cessaire ouverture d\u2019esprit de l\u2019accompagnant, une souplesse psychique qui lui permette de savoir \u00eatre d\u00e9stabilis\u00e9 sans s\u2019effondrer, ainsi que l\u2019importance d\u2019une \u00e9laboration de sens \u00e0 deux. Accompagner, c\u2019est donc \u00eatre aussi \u00e0 c\u00f4t\u00e9, hors de l\u2019asym\u00e9trie, collaborer et poser des mots sur les \u00e9motions qui surgissent et \u00e9treignent chacun, parfois avec vigueur. Cette place des \u00e9motions, dans un monde professionnel, ne peut donc \u00eatre ignor\u00e9e. Au contraire, les rep\u00e9rer, les ressentir, les analyser et les comprendre constitue un v\u00e9ritable barom\u00e8tre de la relation d\u2019accompagnement. C\u2019est \u00e9galement une jauge, qui permet de mesurer l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019engagement de chacun et d\u2019en poser les limites. Le cadre \u00e9thique permet en cela de guider et orienter, dans le respect de l\u2019autre, l\u2019acte d\u2019accompagner. Nous retrouvons, l\u00e0 encore, de mani\u00e8re m\u00e9taphorique, cette topologie d\u2019un seuil (devrais-je dire des seuils) \u00e9lastique<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\">[7]<\/a> et \u00e9thique, adaptable \u00e0 la singularit\u00e9 de l\u2019autre et d\u00e9finissant la souplesse d\u2019une fronti\u00e8re entre engagement et d\u00e9sengagement, entre intime et professionnel (extime). Comme le pr\u00e9cise M. Cifali, la relation \u00e0 l\u2019autre amplifie les productions de l\u2019inconscient, donnant parfois le sentiment que se joue une part de notre histoire. Il importe donc de ne pas reporter sur l\u2019autre les probl\u00e9matiques personnelles qui nous \u00e9treignent. L\u2019autre ne peut servir \u00e0 se d\u00e9fouler.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>La place du savoir et le \u00ab&nbsp;sens clinique&nbsp;\u00bb, entre pouvoir et d\u00e9pendance<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">Accompagner un adulte, un enfant, demande dans un premier temps un oubli de soi, de ses rep\u00e8res \u00e9gocentr\u00e9s et de ses connaissances afin d\u2019accueillir, avec une grande ouverture d\u2019esprit, ce que l\u2019autre nous am\u00e8ne de personnel et in\u00e9dit. Cette posture qui requiert, un temps, de mettre de c\u00f4t\u00e9 nos repr\u00e9sentations et \u00ab&nbsp;notre science&nbsp;\u00bb, mais \u00e9galement nos pr\u00e9jug\u00e9s, facilite la mise en place d\u2019une \u00e9coute active (et flottante) de qualit\u00e9. Elle nous permet aussi d\u2019acc\u00e9der \u00e0 certaines surprises produites par l\u2019empathie dans l\u2019ouverture \u00e0 l\u2019autre et par la compr\u00e9hension. Il est ici opportun de se dire ici, en citant Socrate&nbsp;; \u00ab&nbsp;je ne sais qu\u2019une seule chose, c\u2019est que je ne sais rien&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela n\u2019exclut pas pour autant de mobiliser nos connaissances afin d\u2019\u00e9clairer, le moment venu, une prise de d\u00e9cisions. Mais les savoirs mobilis\u00e9s par l\u2019accompagnant, en raison de son \u00ab&nbsp;sens clinique&nbsp;\u00bb, sont li\u00e9s aussi \u00e0 son sens de l\u2019observation, \u00e0 son niveau d\u2019analyse en temps r\u00e9els et \u00e0 son intuition. Ces savoirs sont aussi ceux d\u2019une connaissance de soi en situation professionnelle, des \u00ab&nbsp;savoirs de l\u2019int\u00e9rieur&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a> qui permettent de mobiliser le respect, la patience, la sollicitude, la compr\u00e9hension, la fiabilit\u00e9 notamment.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Autrement dit, le savoir mobilis\u00e9 par l\u2019accompagnant ne peut et ne doit pas \u00eatre une construction d\u00e9fensive au service d\u2019une enflure narcissique masquant un manque d\u2019assurance ou de la peur, qui isole et maltraite l\u2019autre. L\u2019asym\u00e9trie d\u2019une telle relation, au sein de laquelle l\u2019autre s\u2019en remet \u00e0 vous, conf\u00e8re un pouvoir qui ne doit en aucun cas \u00eatre utilis\u00e9 \u00e0 son d\u00e9triment. Les connaissances engag\u00e9es le sont donc au service de la situation rencontr\u00e9e et dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019accompagn\u00e9. Appr\u00e9hender les enjeux relationnels qui impliquent l\u2019accompagn\u00e9, mesurer leur incidence dans le contexte g\u00e9n\u00e9ral de la situation amen\u00e9e, faire confiance \u00e0 son intuition (c\u2019est-\u00e0-dire aux effet transf\u00e9rentiels sur son propre inconscient) constituent les \u00e9l\u00e9ments de ce qu\u2019il convient d\u2019identifier comme un \u00ab&nbsp;sens clinique&nbsp;\u00bb au service de l\u2019acte d\u2019accompagner. Cet acte engage, rappelons-le, la responsabilit\u00e9 de celui qui accompagne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La relation transf\u00e9rentielle et contre transf\u00e9rentielle<a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\">[9]<\/a> constitue le moteur de cette rencontre professionnelle qui mobilise la subjectivit\u00e9 de chacun de ses protagonistes. Pouvoir en \u00e9prouver les effets, donner du sens aux \u00e9motions qui animent cette rencontre, permettre \u00e0 chacun d\u2019y trouver sa place afin de construire, de concert, des perspectives d\u2019avenir, exige un travail sur soi dans le rapport \u00e0 l\u2019autre, entre vifs et en pr\u00e9sence. La supervision devient alors, par la suite, le lieu id\u00e9al pour un travail d\u2019analyse, de compr\u00e9hension et de mise \u00e0 distance de cette relation qui est ainsi envisag\u00e9e comme un objet fictionnel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tous les \u00e9l\u00e9ments abord\u00e9s jusque-l\u00e0 ont une coloration positive, altruiste et bienveillante. Mais nous sommes, avec l\u2019accompagnement, dans le champ des relations humaines avec tout ce qu\u2019elles emportent d\u2019impr\u00e9vu et d\u2019incontr\u00f4lable. Rien ne garantit a priori qu\u2019un accompagnement soit r\u00e9ussi et rien n\u2019est aussi suffisamment stable pour pouvoir se reposer sur des routines. Rien ne permet de d\u00e9finir pr\u00e9cis\u00e9ment les caract\u00e9ristiques d\u2019une r\u00e9ussite autrement qu\u2019avec un t\u00e9moignage qui restitue des \u00e9l\u00e9ments de subjectivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous sommes donc contraints par les contingences de la relativit\u00e9 et des enjeux li\u00e9s aux fluctuations d\u2019une relation d\u2019accompagnement. \u00c0 ce titre, nous sommes \u00e9thiquement amen\u00e9s \u00e0 en tenir compte. C\u2019est une des caract\u00e9ristiques du travail sur le vivant et en ce sens, je vous l\u2019ai indiqu\u00e9 par le pass\u00e9, ce qui caract\u00e9rise le sujet de l\u2019inconscient, c\u2019est d\u2019\u00eatre en mouvement et \u00e0 certains \u00e9gards, insaisissable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2\/ Les fluctuations et les risques de l\u2019accompagnement professionnel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">La nature asym\u00e9trique d\u2019une relation d\u2019accompagnement est li\u00e9e aux ressorts d\u2019une demande adress\u00e9e \u00e0 l\u2019accompagnant, une demande de soutien et d\u2019aide qui fait suite au constat de besoins professionnels \u00e9prouv\u00e9s par son auteur. Cette demande adress\u00e9e requiert, de la part de l\u2019accompagnant, la mobilisation de comp\u00e9tences et de connaissances qui le placent dans une relation transf\u00e9rentielle l\u2019instituant, de fil en aiguille, en tant que \u00ab&nbsp;sujet suppos\u00e9 savoir&nbsp;\u00bb. Cette position est n\u00e9cessaire car elle rend l\u2019accompagnement possible. Elle en est le moteur. N\u00e9anmoins, elle s\u2019inscrit dans un champ imaginaire au sein duquel l\u2019accompagn\u00e9 peut attribuer \u00e0 l\u2019accompagnant beaucoup plus de pouvoir d\u2019agir et de savoirs qu\u2019il n\u2019en a en r\u00e9alit\u00e9. C\u2019est-\u00e0-dire que ce qui est suppos\u00e9, sorte de croyance rendant op\u00e9rationnelle la relation d\u2019aide, peut aussi \u00eatre ou devenir disproportionn\u00e9, faisant place \u00e0 la tentation, de la part de l\u2019accompagn\u00e9, d\u2019op\u00e9rer une d\u00e9l\u00e9gation de r\u00e9flexion et d\u2019action sur l\u2019accompagnant. L\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019accompagnement, qui est aussi un accompagnement vers l\u2019autonomie, risque d\u2019\u00eatre perdu voire m\u00eame de produire des effets contraires \u00e0 ceux escompt\u00e9s. Ce qui est suppos\u00e9 ne devrait pas devenir certitude et l\u2019accompagnant a grand int\u00e9r\u00eat, tout en maintenant la relation transf\u00e9rentielle, \u00e0 poser ses limites et \u00e0 clarifier sa place. Il n\u2019est pas question de faire voler en \u00e9clats ce qui op\u00e8re, dans ce que l\u2019accompagn\u00e9 suppose de savoir \u00e0 l\u2019accompagnant, mais de poser les limites d\u2019un accompagnement sinc\u00e8re et authentique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Accompagner signifie tout de m\u00eame que l\u2019un poss\u00e8de un savoir qui peut guider l\u2019autre, l\u2019emp\u00eacher d\u2019aller l\u00e0 o\u00f9 il ne faut pas.&nbsp;\u00bb Ibid, Cifali, Mireille.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est ais\u00e9 de comprendre, \u00e0 partir de cette derni\u00e8re remarque, en quoi accompagner appelle des comp\u00e9tences relationnelles, une intelligence de l\u2019instant \u00ab&nbsp;\u00e0 m\u00eame le vivant&nbsp;\u00bb et de l\u2019humilit\u00e9. Nous le voyons bien, de nouveau, tout se joue au sein d\u2019un seuil \u00e9thique et \u00e9lastique, entre d\u00e9pendance et autonomie, entre d\u00e9l\u00e9gation et co-construction et entre action et inhibition. La d\u00e9marche clinique, je le rappelle \u00e0 nouveau, n\u2019est jamais acquise. Elle se renouvelle \u00e0 chaque fois, diff\u00e9rente en fonction d\u2019un contexte, d\u2019un moment, d\u2019une personnalit\u00e9. L\u2019accompagnant ne saurait donc se d\u00e9partir, au fil du temps, d\u2019une r\u00e9flexion, d\u2019une capacit\u00e9 d\u2019analyse et de son esprit critique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par exemple, la bienveillance et le respect, nous l\u2019avons vu, sont essentiels dans la relation d\u2019accompagnement et constituent des \u00e9l\u00e9ments fondamentaux la soutenant. Mais l\u00e0 encore, certaines fluctuations dans leur appr\u00e9hension peuvent produire des contresens aux effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res. La bienveillance et le respect n\u2019excluent pas, si n\u00e9cessaire, de bousculer l\u2019accompagn\u00e9 par des actes interpr\u00e9tatifs permettant de mettre en discussion, dans le respect, des divergences de points de vue. Ces actes interpr\u00e9tatifs vis-\u00e0-vis de la situation ont pour objectif de mettre en mouvement l\u2019accompagn\u00e9 dans sa r\u00e9flexion et dans son analyse. Ce type d\u2019intervention est d\u2019autant plus n\u00e9cessaire si l\u2019autre court le risque de se mettre en danger en ne prenant pas de d\u00e9cision ou en prenant la mauvaise d\u00e9cision. Le respect et la bienveillance ne doivent pas \u00eatre inhibiteurs ni justifier le maintien de la relation dans une sorte de bulle irr\u00e9elle et confortable, comme esquive au principe de r\u00e9alit\u00e9. Ils n\u2019excluent pas la confrontation d\u2019id\u00e9es, les d\u00e9saccords et l\u2019acceptation de la diff\u00e9rence. Ils ne doivent simplement pas constituer une posture d\u00e9fensive et inhibitrice, un refuge qui maintienne fig\u00e9e la relation professionnelle et la fasse sortir du mouvement impuls\u00e9 par l\u2019accompagnement. La confrontation, fid\u00e8le aux r\u00e8gles de l\u2019\u00e9thique, peut \u00eatre salutaire et cr\u00e9atrice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces variations et fluctuations, ces impr\u00e9vus et ces surprises qui parfois d\u00e9stabilisent, caract\u00e9risent ce qu\u2019est une rencontre. Selon Mireille Cifali, une rencontre arrive entre deux \u00eatres sans pouvoir \u00eatre programm\u00e9e. En effet, elle est marqu\u00e9e par le sceau de m\u00e9canismes inconscients qui ne sont pas rationalisables et institue une dette (renforc\u00e9e dans les relations asym\u00e9triques) imaginaire et symbolique&nbsp;; \u00ab&nbsp;je suis devenu qui je suis, parce que je t\u2019ai rencontr\u00e9. Je te dois ma r\u00e9ussite, etc.&nbsp;\u00bb. La rencontre est donc, aussi, circonstancielle et \u00e0 ce titre elle \u00e9chappe aux d\u00e9terminismes sociaux et corporatistes. Pour Jean-Luc Nancy<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\">[10]<\/a>, la rencontre, j\u2019ajoute m\u00eame professionnelle, n\u2019est pas assur\u00e9e de r\u00e9ussite et il reste du hasard, de l\u2019incalculable et de l\u2019inattendu en elle. De fait, elle se d\u00e9finit d\u2019\u00eatre, en son essence, une surprise. Elle peut d\u00e9router car elle ent\u00e9rine, de ce point de vue, ce qui fait que l\u2019autre est autre. Dans la ren-contre, il y a du contre, du diff\u00e9rent. C\u2019est une exp\u00e9rience qui peut \u00eatre bouleversante et qui s\u2019accompagne toujours de changements. Elle suppose une confrontation, une \u00e9preuve de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9. Il importe donc, pour l\u2019accompagnant, de ne pas se laisser aveugler par ses repr\u00e9sentations professionnelles, ses pr\u00e9jug\u00e9s et par les d\u00e9terminismes sociaux. L\u2019autre est unique et singulier et le rencontrer induit de le laisser \u00eatre tel qu\u2019il est, dans sa diff\u00e9rence et son unicit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est en effet tentant de ne rester qu\u2019avec ceux qui nous ressemblent, avec ceux qui pensent comme nous, croyons-nous. C\u2019est un risque que l\u2019accompagnement doit d\u00e9jouer, en osant prendre le risque d\u2019une rencontre inconfortable, qui l\u2019interroge et le d\u00e9loge de l\u2019identit\u00e9 rassurante de la m\u00eamet\u00e9. Pour accompagner, il importe de se centrer sur ce qui de l\u2019autre am\u00e8ne de la diff\u00e9rence, de la nouveaut\u00e9 et cette nouveaut\u00e9 se situe dans une demande qui initie la relation. Il est donc important d\u2019accepter de sortir de son confort, celui qui dans le regard de l\u2019autre nous rend bon et efficient, pour rendre possible un dialogue, une confrontation qui scelle une rencontre authentique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet autre peut ainsi devenir un partenaire, un coauteur qui interroge et fait vaciller les contours d\u2019un moi id\u00e9al<a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\">[11]<\/a> de l\u2019accompagnant. L\u2019accepter, accepter de ne pas r\u00e9ussir aussi est la condition incontournable d\u2019une exp\u00e9rience professionnelle qui ne soit pas ali\u00e9n\u00e9e par la f\u00e9rocit\u00e9 sp\u00e9culaire (relatif \u00e0 l\u2019image r\u00e9fl\u00e9chie dans un miroir) d\u2019un id\u00e9al professionnel. Ne pas accepter les vicissitudes et les imperfections d\u2019une relation humaine, se laisser \u00e9craser par les repr\u00e9sentations d\u2019un id\u00e9al surmo\u00efque<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\">[12]<\/a>, c\u2019est courir le risque d\u2019une immobilit\u00e9 inhibante et de l\u2019\u00e9chec d\u2019un accompagnement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ici encore (oui encore) se jouent les ajustements \u00e9thiques d\u2019un seuil et d\u2019une tension entre affrontement et id\u00e9alisation, entre d\u00e9ni de l\u2019affrontement et confrontation, entre adh\u00e9sion et opposition.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce seuil est le lieu o\u00f9 se posent les limites qui permettent \u00e0 une pens\u00e9e d\u2019advenir et \u00e0 un \u00e9change d\u2019avoir lieu. Accepter un certain manque \u00e0 \u00eatre, \u00ab&nbsp;savoir y faire avec&nbsp;\u00bb, c\u2019est laisser une place \u00e0 l\u2019\u00e9nigme et \u00e0 l\u2019incompl\u00e9tude desquelles peuvent jaillir une intelligence collective apais\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il peut arriver aussi que l\u2019autre soit totalement inaccessible, qu\u2019il ne puisse y avoir rencontre alors m\u00eame que la demande vient de lui. C\u2019est un impr\u00e9vu d\u00e9stabilisant car il n\u2019entre pas dans notre \u00ab&nbsp;ordre des choses&nbsp;\u00bb. Il n\u2019y a alors pas d\u2019autre choix que d\u2019accepter qu\u2019un accompagnement ne puisse advenir. Peut-\u00eatre est-ce circonstanciel, peut-\u00eatre est-ce une question d\u2019instant et de mauvais moment. L\u2019autre nous convoque ici, face \u00e0 notre impuissance. Il est important de l\u2019accepter, d\u2019y mettre du sens. L\u2019accompagn\u00e9, comme dans toute relation, ce qui inclut aussi tout stagiaire dans une formation, doit aussi mettre du sien, faire son travail de stagiaire, c\u2019est-\u00e0-dire faire ce que nul autre que lui ne peut faire \u00e0 sa place. Chacun engage sa part dans l\u2019affaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Accompagner quelqu\u2019un professionnellement est donc une belle et noble t\u00e2che qui peut procurer beaucoup de satisfactions. N\u00e9anmoins, ce geste professionnel requiert beaucoup de finesse, de nuances et d\u2019ajustements pour rester avec sagacit\u00e9 dans un mouvement propre aux m\u00e9tiers de l\u2019humain et du vivant. Cette part humaine de la relation expose donc celui qui accompagne, aux al\u00e9as de l\u2019impr\u00e9vu et aux risques de la frustration, li\u00e9e \u00e0 l\u2019impuissance \u00e0 agir. Cela n\u00e9cessite donc un travail sur soi, dans la subjectivit\u00e9 et \u00ab&nbsp;\u00e0-m\u00eame le vivant&nbsp;\u00bb que seules des exp\u00e9riences de la parole dans l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et dans le temps permettent. La supervision vient ensuite renforcer, dans l\u2019apr\u00e8s coup, ce travail introspectif qui s\u2019appuie sur de telles exp\u00e9riences professionnelles.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Expression employ\u00e9e par Mireille Cifali.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Revault D\u2019Alonnes, Claude, (1989), <em>La d\u00e9marche clinique en sciences humaines<\/em>, Paris, Dunod, pp. 26.27<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Au sujet de la notion de mutation, cf la proc\u00e9dure de la passe et de la production d\u2019un psychanalyste faisant suite, comme mouvement de bascule, au t\u00e9moignage de l\u2019analysant qu\u2019il \u00e9tait&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;En d\u2019autres termes, ce qui est \u00e0 saisir avec la passe, c\u2019est une mutation. C\u2019est \u00e7a r\u00e9-inventer. C\u2019est-\u00e0-dire que c\u2019est une mutation et donc, je propose de consid\u00e9rer cette passe diagrammatique, avec cette d\u00e9finition ; \u00ab La passe serait un foyer de mutations des subjectivit\u00e9s des psychanalystes \u00bb. Et vous voyez qu\u2019avec \u00e7a il faut repenser compl\u00e8tement ce que c\u2019est un t\u00e9moignage. Bon je m\u2019arr\u00eate l\u00e0.&nbsp;\u00bb<\/em> &#8211; Jos\u00e9 ATTAL, 2012, Conf\u00e9rence \u00e0 Buenos Aires <em>La passe, r\u00e9inventer la psychanalyse \u00e0 chaque foi<\/em>. Transcription JF Ferbos.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> La mutation subjective est \u00e0 entendre comme cette transformation du sujet de l\u2019inconscient dont le point de vue, vis \u00e0 vis de sa situation professionnelle, est modifi\u00e9 par la rencontre de l\u2019accompagnant et les effets de la parole qui fait m\u00e9diation avec lui. La subjectivit\u00e9 renvoie au sujet et le sujet renvoie \u00e0 l\u2019inconscient, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 une part \u00e9nigmatique qui sort du sens et qui reste \u00e0 d\u00e9crypter pour lui en redonner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Blanchard-Laville C, Fablet D (1998). <em>Analyser les pratiques professionnelles<\/em>. Paris&nbsp;: L\u2019Harmattan, p. 223.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> Propos tenus par Michael Balint, Guy Even (2008), Les groupes Balint et leur sp\u00e9cificit\u00e9, <em>in Revue de psychoth\u00e9rapie psychanalytique de groupe (n\u00b050)<\/em>, p. 149-160<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a> \u00ab&nbsp;L\u2019analyse doit rel\u00e2cher l\u2019humanit\u00e9 \u00e9troite, rigidifi\u00e9e \u00e0 force d\u2019habitude et de comportements automatiques du candidat, elle doit lui faire voir les multiples potentialit\u00e9s qui sommeillent en lui. Il pourra ainsi <strong>acqu\u00e9rir assez d\u2019\u00e9lasticit\u00e9<\/strong> pour p\u00e9n\u00e9trer les difficult\u00e9s de patients dont le caract\u00e8re est totalement oppos\u00e9 au sien.&nbsp;\u00bb, Revue <em>Ornicar&nbsp;?<\/em> N\u00b0 42, Automne 87-88, Vilma Kovacs, <em>\u00ab&nbsp;<\/em>Analyse didactique et analyse de contr\u00f4le<em>&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> Expression de Mireille Cifali<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> Cf A para\u00eetre, Ferbos, JF, (2019), \u00ab&nbsp;La sc\u00e8ne du transfert, un espace de cr\u00e9ation en mouvement&nbsp;\u00bb, in <em>Opacidades, <\/em>revista de psicoan\u00e1lisis, \u00c9cole lacanienne de psychanalyse, 2024. <a href=\"mailto:https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?p=1740\">https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?p=1740<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a> Caroline Meister, Jean-Luc Nancy, 2021, <em>Rencontre, <\/em>ed Diaphanes,Les presses du R\u00e9el, Paris.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> Le Moi id\u00e9al est le lieu \u00ab&nbsp;du fantasme h\u00e9ro\u00efque, lieu dans lequel le sujet se voit accomplissant maintes merveilles&nbsp;\u00bb. Il a une dimension sp\u00e9culaire et imaginaire et la hauteur de l\u2019exigence narcissique qu\u2019il pose peut devenir ali\u00e9nante tellement elle est inatteignable. L&rsquo;id\u00e9al du moi quant \u00e0 lui, \u00ab&nbsp;contient les traits des futurs choix objectaux. L&rsquo;id\u00e9al du moi se pr\u00e9sente alors comme \u00ab\u00a0celui que j&rsquo;aimerais \u00eatre\u00a0\u00bb&nbsp;\u00bb (Wiki). Il aurait donc plus de liens avec la question du d\u00e9sir qui laisse une place \u00e0 l\u2019\u00eatre manquant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a> Le Surmoi, apparu dans la seconde topique freudienne, est une instance qui marque l\u2019int\u00e9gration et l\u2019int\u00e9riorisation de la loi, notamment des parents. Mais cette int\u00e9riorisation, loin d\u2019\u00eatre objective, n\u2019a rien \u00e0 voir avec la justice et la justesse de la loi des hommes. Int\u00e9gr\u00e9e, elle est impr\u00e9gn\u00e9e d\u2019exigences inconscientes, propres au sujet et elle peut agir sur lui avec \u00ab&nbsp;f\u00e9rocit\u00e9&nbsp;\u00bb. Lacan a diff\u00e9renci\u00e9 Moi id\u00e9al et Surmoi en ce sens que le Surmoi rel\u00e8ve du symbolique, tandis que le Moi id\u00e9al rel\u00e8ve de l\u2019imaginaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Invariants et fluctuations ou les mouvements d&rsquo;un seuil \u00e9lastique \u00ab\u00a0Le sujet est structur\u00e9 en tant que sujet parlant. 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Et en poser \u00e0 vous, et en poser \u00e0 moi-m\u00eame. Ce serait, heu\u2026, ce serait du genre : qu\u2019est-ce que vous fa\u00eetes au juste,\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;\u00c0 penser&quot;","block_context":{"text":"\u00c0 penser","link":"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?cat=30"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/deleuze-fini-1.jpg?fit=480%2C670&ssl=1&resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":2080,"url":"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?p=2080","url_meta":{"origin":2524,"position":1},"title":"Conf\u00e9rence de Mireille Cifali \u00e0 Bordeaux dans les locaux de la DAFPEN &#8211; Vid\u00e9os","author":"Cravan","date":"3 d\u00e9cembre 2022","format":false,"excerpt":"Le 26 novembre 2019 Mireille Cifali : texte d'introduction Historienne. Psychanalyste. 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Apr\u00e8s la r\u00e9daction d\u2019un deuxi\u00e8me m\u00e9moire en sciences de l\u2019\u00e9ducation, une rencontre avec l\u2019enseignement de Lacan et une rencontre\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;\u00c0 penser&quot;","block_context":{"text":"\u00c0 penser","link":"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?cat=30"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Mireille-Cifali-porte-souci-lhumain-illusionspugnace_0.webp?fit=1200%2C800&ssl=1&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Mireille-Cifali-porte-souci-lhumain-illusionspugnace_0.webp?fit=1200%2C800&ssl=1&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Mireille-Cifali-porte-souci-lhumain-illusionspugnace_0.webp?fit=1200%2C800&ssl=1&resize=525%2C300 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Mireille-Cifali-porte-souci-lhumain-illusionspugnace_0.webp?fit=1200%2C800&ssl=1&resize=700%2C400 2x, https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Mireille-Cifali-porte-souci-lhumain-illusionspugnace_0.webp?fit=1200%2C800&ssl=1&resize=1050%2C600 3x"},"classes":[]},{"id":2925,"url":"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?p=2925","url_meta":{"origin":2524,"position":2},"title":"Psychanalyse et \u00e9ducation, questions \u00e0 Mireille Cifali","author":"Cravan","date":"6 f\u00e9vrier 2025","format":false,"excerpt":"Sous la direction de Fr\u00e9d\u00e9rique-Marie Prot 18,00\u20ac \u00c0 partir du 20 mars 2025 FLYER-PRESENTATIONT\u00e9l\u00e9charger COUV-PSY-EDUCATION-20250128T\u00e9l\u00e9charger https:\/\/www.purh-ed.fr\/book\/?gcoi=28777100251620 https:\/\/www.cultura.com\/p-psychanalyse-et-education-questions-a-mireille-cifali-9791024018706.html https:\/\/www.mollat.com\/livres\/3303720\/psychanalyse-et-education-questions-a-mireille-cifali Pr\u00e9sentation - Mireille Cifali professeure, \u00c9tiennette Velas - Mireille Cifali : une oeuvre, Henri Louis Go Histoire, psychanalyse, \u00e9ducation - L'\u00e2me enfantine et la psychanalyse, entre pr\u00e9sent et pass\u00e9, Mireille CIfali, (Re)lire\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;\u00c0 penser&quot;","block_context":{"text":"\u00c0 penser","link":"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?cat=30"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/mireille-cifali.jpg?fit=450%2C338&ssl=1&resize=350%2C200","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":2066,"url":"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?p=2066","url_meta":{"origin":2524,"position":3},"title":"CLINIC ZONES","author":"Cravan","date":"23 novembre 2022","format":false,"excerpt":"Le corps fluant de nouvelles po\u00e9tiques PARISles 3 et 4 d\u00e9cembre 2022\u00c0 L\u2019AGORA64 rue du P\u00e8re Corentin 75014S a m e d i \u00a0d e \u00a09 h \u00e0 1 8 h \u2013 D i m a n c h e \u00a0d e \u00a09 h \u00a0\u00e0 \u00a01 6 h 3 0\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Activit\u00e9s&quot;","block_context":{"text":"Activit\u00e9s","link":"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?cat=39"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/CZ-Paris-decembre-2022-1.jpg?fit=694%2C648&ssl=1&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/CZ-Paris-decembre-2022-1.jpg?fit=694%2C648&ssl=1&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/CZ-Paris-decembre-2022-1.jpg?fit=694%2C648&ssl=1&resize=525%2C300 1.5x"},"classes":[]},{"id":927,"url":"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?p=927","url_meta":{"origin":2524,"position":4},"title":"Jos\u00e9 Attal : La passe, r\u00e9inventer la psychanalyse \u00e0 chaque fois &#8211; Transcription","author":"Cravan","date":"15 juin 2023","format":false,"excerpt":"Conf\u00e9rence \u00e0 Buenos Aires, le samedi 3 novembre 2012 Conf\u00e9rence Attal BA 2012T\u00e9l\u00e9charger Conf\u00e9rence\u00a0\u00e0 Buenos Aires, le samedi 3 novembre 2012, dans la salle de la librairie Hern\u00e1ndez. L\u2019organisation de cette activit\u00e9 \u00e9tait \u00e0 la charge de Stella Ocampo, Eduardo Bern\u00e1sconi, Hugo Cardozo, Claudia Weiner et Alberto Sladogna, membres de\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Activit\u00e9s&quot;","block_context":{"text":"Activit\u00e9s","link":"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?cat=39"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/METAMORPHOSE-DETAIL1-LAP-scaled.jpg?fit=1200%2C675&ssl=1&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/METAMORPHOSE-DETAIL1-LAP-scaled.jpg?fit=1200%2C675&ssl=1&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/METAMORPHOSE-DETAIL1-LAP-scaled.jpg?fit=1200%2C675&ssl=1&resize=525%2C300 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/METAMORPHOSE-DETAIL1-LAP-scaled.jpg?fit=1200%2C675&ssl=1&resize=700%2C400 2x, https:\/\/i0.wp.com\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/METAMORPHOSE-DETAIL1-LAP-scaled.jpg?fit=1200%2C675&ssl=1&resize=1050%2C600 3x"},"classes":[]},{"id":2357,"url":"https:\/\/ferbos-jeanfrancois.legtux.org\/?p=2357","url_meta":{"origin":2524,"position":5},"title":"La psychanalyse est-elle un exercice spirituel ? 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