Le Déni

Hélène Perlan

Pour Lacan, l’instauration de l’expérience est une des fonction du témoignage (Séminaire Les psychoses 1955-56) qui engage le sujet. Autrement dit, c’est en ce qu’il témoigne que le vécu consiste pour le sujet et son récit vient instituer ce qu’il a vécu en expérience. Il n’en demeure pas moins que ce faisant, il ne sait pas complètement ce dont il témoigne et ce qu’il dit, car ce qui témoigne n’est rien de moins que l’inconscient. De Certeau, allant plus loin encore (L’invention du quotidien 1990), propose le récit, en tant que témoignage, comme théorisation de l’expérience.

Dans cet ouvrage, Hélène Perlan illustre parfaitement ces deux assertions en les sublimant avec style et profondeur. Elle y réalise un acte de création à double titre, comme acte littéraire et comme renouvellement d’un discours analytique autour de la question du déni. C’est également un ouvrage qui ose une parole sincère et authentique, avec sa prosodie singulière et son rythme qui viennent toucher le lecteur avec force.

Il faut absolument prendre le temps de le lire et dépasser l’écume et les remous d’une actualité largement médiatisée, pour y rencontrer le style d’une écriture et une pensée riche, puissante et déterminée.

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BRISER LE SILENCE, COMPRENDRE LE DÉNI : LE LIVRE-ÉVÉNEMENT D’HÉLÈNE PERLANT

Bétharram n’a pas seulement révélé des violences. Il a mis au jour un mécanisme : l’impossibilité de dire non.
Dans Le Déni, Hélène Perlant analyse la manière dont des dispositifs de perversion s’installent et se maintiennent, non par ignorance ou par mensonge, mais par des formes de survie, de honte sociale et de détournement du regard. La violence peut alors se déployer à ciel ouvert tout en devenant impensable. En interrogeant la confusion persistante entre absence de réaction et consentement, ce livre démonte un système collectif et donne des outils pour penser ce qui, trop longtemps, a empêché de vivre.